Souvenez-vous que Dieu vous aime.

https://www.youtube.com/watch?v=SD83L4kI3qY

 

N’oubliez pas que vous êtes tous beaux et que Dieu vous a faits pour aimer et rayonner de votre propre lumière ; pour le rejoindre dans l’Eternité.

Tant qu’il manquera un seul d’entre vous, l’Univers ne sera pas complet. Tant qu’il manquera un seul d’entre vous, l’Univers pleurera votre absence et la ronde ne sera pas entière.

A chaque instant, les Maîtres et les Anges vous couvent et travaillent à la régénération de la terre. Ils posent des fleurs sur votre chemin, des étoiles dans votre ciel.

Ce sont eux qui placent à chaque instant sur votre route les oasis, les signes et les espoirs, les épreuves et les obstacles dont vous avez besoin pour évoluer et devenir vous.

A chaque fois qu’ils vous voient tomber, ils ont mal.

A chaque fois qu’ils vous voient réussir, ils exultent.

A chaque fois qu’ils vous voient refaire les mêmes erreurs, ils râlent avec bonté et se remettent au travail.

A chaque fois qu’ils vous voient aimer, un grand feu de joie s’allume en eux.

Ils attendent votre retour. Votre place est en l’Amour.

A chaque instant, l’Univers tend sa main pour que vous la preniez. La vie est une grande fête, et la fête ne peut pas commencer sans vous.

Sachez-le à chaque instant. Vous êtes aimés, infiniment aimés.

Vous êtes aimés et vous pouvez être heureux ; il vous suffit d’être vous.

Le vrai vous.

Le Dieu en vous.

(Ce que j’entends par Dieu… Dieu, ce n’est pas un être extérieur. Il n’appartient à aucune religion, bien que les religions aient tenté d’apprendre à le connaître et se rapprocher de lui, saisi d’essentielles vérités. Dieu, c’est Nous. Dieu, c’est l’Univers. Dieu, c’est l’ensemble du vivant. Dieu, c’est la somme de toutes les âmes du cosmos une fois ramenées à leur perfection originelle.)

 

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Des cerises plein les poches (poème)

DES CERISES PLEIN LES POCHES

Dernier sursaut solaire, l’après-midi s’éteint
C’est l’heure du goûter, pour les esprits malins
L’hiver est terminé, nous fêtons le printemps,
La bière est fraîche, mon sein chaud et le temps clément

Pareil aux cieux idylliques, le denim écarlate
De nos Levi’s vintage usés par les époques.
Pareil au soleil pulsant ses rayons, le choc
De nos pouls affamés et si près de l’attaque

C’est un jour pour enjamber une bicyclette
C’est un jour pour se faire Paname à moto
Visage dans ton cou, morsures dans ton dos
C’est un jour pour jouer sur ton cœur aux fléchettes

Prendre la clé des champs, prendre la clé des villes
S’offrir une vadrouille, un instant d’arc-en-ciel
Rejoindre un carrefour éclaté de soleil
Plonger sous la grande barrière de tes cils
.

Sécher le travail, se faire porter pâle
Repousser la deadline et partir un instant
Pour le paradis le plus proche
Des cerises plein les poches

.

Des cerises plein les poches
Nous jouons avec le vent
La cloche de l’école sonne
Mais qui sont les enfants ?

Notre terrain de jeu s’étend à toute la ville
Qui a dit que grandir était si difficile ?

Libres et conscients, nous naviguons entre les mondes
Nous nous mouvons au gré des humeurs de la vie
Nous dansons dans les ruines, maintenant et ici
Brisés et déchirés, mais vivants aujourd’hui

Le monde s’écroule, et alors ?

J’ai pour forêt immaculée
J’ai pour rivière tourmentée
Ton regard comme de l’eau de roche
Et des cerises plein les poches

.

On joue à chat dans les ruelles fébriles
Où le soleil s’échoue et meurt
Et dans un coin inattendu
Tu feras de moi ton quatre heures

Quelque part au dessus des toits
J’enlève mon t-shirt
Dis-moi, mon bel amant, quel est le plus beau fruit ?
C’est clair comme de l’eau de roche
Des cerises plein les poches

Des cerises plein les poches
Nous jouons avec le vent
Le ciel devenu gris
Est-ce si important ?

Il reste au fond de nous une lumière invaincue
Il reste au fond de nous un paradis perdu

Dont le souvenir qu’on garde et ranime à loisir
Nous ferait traverser des saisons de noirceur
Assez pour vivre en attendant des jours meilleurs
Assez pour respirer, pour s’aimer et pour rire

.

La ville s’étend devant nos yeux,
Mais le plus bel horizon se trouve ce soir
Dans les eaux sauvages de ton regard
Tu seras pour aujourd’hui mon amoureux

Animaux urbains en urbex
Amoureux d’un jour, futurs exs
Loup y es-tu ? La faim est proche
Des cerises plein les poches

Des cerises plein les poches
Nous jouons avec le vent
J’ai perdu la notion
Des structures et du temps

J’ai perdu la colère
Et j’ai perdu la haine
Ces sentiments maudits
Qui formaient ma gangrène

J’ai trouvé dans l’instant présent dont tu m’honores
Comme une prairie fleurie minée de trésors
J’ai trouvé dans le ciel que tu m’auras offert
Assez d’étoiles pour convoquer tout l’univers

J’ai trouvé dans l’éphémère de nos étreintes
Offertes tel un fruit par l’arbre du printemps
Comme une chair d’éternel ; ô pluie jamais éteinte
Fertilisant les plaines calcinées d’antan

J’ai trouvé dans ton amour cet amour plus vaste
Celui dont nos attachements ne sont qu’ersatz
J’ai trouvé dans tes yeux comme un morceau de ciel
Et me voilà avide de ce bleu essentiel

Mâle et femelle non rassasiés
Mille fois brisés, jamais apprivoisés
Bouh ! Le vilain loup s’approche !
Des cerises plein les poches.

C’est pas la Toscane, j’ai bien compris
Mais c’est quand même la Dolce Vita à Paris
Manque plus que la Dodoche
Des cerises plein les poches

A travers les collines de fer
Notre périple s’éternise
La civilisation s’enlise
Il y a plus de fumée que d’air

Il y a plus d’hommes que d’oiseaux
Mais plus d’espoir que d’abattement
Le ciel est toujours aussi grand
L’amour est toujours aussi beau

Nous coupons à travers les chemins de la ville
Dans le chaos des corps si nombreux et fébriles
Et dans cette jungle une certitude naît :
L’homme peut improviser partout sa forêt

Un paradis perdu, en regagner un autre
En plein bitume gris, creuser une rivière
Faire pousser des bleuets au creux de tes paupières
D’une cause nouvelle se faire l’apôtre

La nostalgie d’hier se perd durant nos jeux
D’enfants énamourés que le bonheur guérit
En semant des cailloux sur nos chemins heureux
J’ai perdu la mémoire de mes jours d’agonie

Grimper sur les toits, attraper le ciel
Dévorer l’horizon, la ville sans sommeil
Le remède au désespoir se trouve et c’est tout vu
Dans l’horizon solaire d’une vie bien vécue

Car il n’y a de véritable enfance qu’à l’âge des adultes
Lorsque tout bonheur acquiert un sens véritable
Il n’y a de liberté qu’après la mort des fables
Emportées dans le gouffre de leur propre tumulte

Moi j’étais un enfant malheureux, et toi ?

Vivre est la plus belle des revanches
Et à chaque fois que mes hanches
Se balancent pour toi comme un doux violoncelle
Renaît en moi le feu furieux d’une foi nouvelle

.

Et cette vie moderne ne laisse plus le temps
De donner de l’amour aux choses et aux gens
Chérir un animal et border un enfant
Sont tout autant de luxes rares à présent

Mais nous serons de notre époque les soldats
Arrachant au forceps notre liberté
Celle de faire de la vie une cour de récré
Sous l’égide d’un ciel intact dans son éclat

Paradis éternel de rivières et de vignes
Où un effort heureux le dispute au repos
Où les chants de tous hommes et ceux de tous oiseaux
Font mélodie semblable à l’enfant de deux cygnes

Tuer ce qui est vain, aider ce qui doit être
Pour voir un jour enfin la nature renaître
C’est bien notre devoir, et nous n’avons pas peur
De perdre notre vie dans ces jours de fureur

Et en attendant ces temps meilleurs

Qu’importe le paysage, qu’importe le climat
Même sous un scaphandre, nous restera la joie
Et assez d’espace pour faire pousser des fleurs
Qui feront craqueler les prisons de nos cœurs

Qu’importe ce qu’il nous restera
Nous on trouvera toujours de quoi
De quoi siffler comme des mioches
Des cerises plein les poches

 

À Laurent C.

(Ce poème est un brouillon. Il y a encore à mon sens des choses à corriger, modifier, ajouter. Mais l’essentiel est là, on va dire. J’avais trouvé le titre, noté plein d’idées venues en abondance, écrit une multitude de vers sur mon portable, en 2016, 2017 je crois, durant les beaux jours. Puis j’ai perdu le fichier en question, peu après, à mon grand désarroi. Il m’a fallu quelques mois avant d’en faire le deuil et pouvoir me remettre à sa rédaction. Il m’aura fallu des années pour le terminer, je ne sais pas pourquoi, alors qu’écrire un très long poème en vers peut me prendre 1h ou 2h si je le décide. J’ose espérer qu’il est largement meilleur dans sa version actuelle que dans celle d’origine, à jamais perdue. J’en suis en fait persuadée. Un mal pour un bien, sans doute. C’est étrange de terminer ce poème… en pleine période post-confinement, où l’insouciance et la liberté ne sont momentanément plus tout à fait à l’ordre du jour.)

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Quitter la ville

Le blog d'Altana Otovic

Je veux quitter la ville, je veux quitter Paris et sa banlieue. Je n’en peux plus de cette région pourrie. Je m’en bats les couilles que ce soit la capitale de l’art, de la culture, des expos, des musées, des intellos, trucmuche. Tant pis pour les mondanités, tant pis pour la littérature, tant pis pour les débats d’idées à trois francs six sous, vos monuments chéris et votre grandeur en carton-pâte. Tant pis – et c’est tant mieux – pour ce tumulte qui se croit vie quand il n’est que bourbier, fumier, merdier. Je m’en vais rejoindre ce qu’il reste de nature. Vous ne me manquerez pas. Votre civilisation adorée, je vous la laisse, goinfrez-vous-en. Ce sera sans moi. Ce sera sans les enfants que je mettrai au monde, et qui verront le jour depuis ma chair contrariée et éprise de pureté. Je veux leur offrir des aubes plus claires…

Voir l’article original 453 mots de plus

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Il y a 40 ans, Tito est mort.

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Josip Broz Tito (7 mai 1982 – 4 mai 1980)

Il y a 40 ans, tu es mort.
(« Umro je Drug Tito »)

Tu n’étais pas parfait, mais tu as eu le mérite d’exister quand ce monde avait tant besoin de toi. De ton héritage, nous ne prendrons que le meilleur et nous le ferons fructifier. De là où tu te trouves, tu guettes nos progrès avec bienveillance.

Un jour, cette Yougoslavie que tu as unifiée renaîtra de ses cendres. Elle ne sera pas morte pour rien. Elle reviendra plus forte que jamais.

Vidimo se, Drug 

 

Tito (2)

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Que va-t-on faire de nos vieux toxiques ?

Snake_Tongue

J’aime profondément les serpents. Chaque animal de la nature possède sa fonction et nulle n’est ingrate. Le serpent, au sens spirituel du terme, incarne la renaissance et l’infini. C’est sa part sombre et laide que j’utilise ici : celle que tout le monde connaît ; celle du serpent mortel, sournois et sans pitié dans son attaque. D’ailleurs, les connaisseurs savent que les serpents n’attaquent que lorsqu’ils se sentent menacés. En réalité, la méchanceté gratuite se trouve surtout chez l’humain. Je devrais peut-être trouver une autre photo…

Marianne a publié en ces temps de confinement et de Covid-19 un article de Jacques Julliard, « Que va-t-on faire de nos vieux ? ». N’étant pas abonnée, je n’en ai lu que le début, mais cela a suffi à me donner l’envie de réagir sur le sujet de manière plus générale, car c’est une thématique qui revient beaucoup, en cette période de pandémie où les personnes âgées sont particulièrement touchées. On se demande, évidemment : que va-t-on faire de nos vieux ? Comment en prendre soin ? Comment leur éviter l’isolement et l’oubli ? Et on s’offusque, évidemment, du sort que la société leur réserve. En première ligne des critiques, les Ehpad, les maisons de retraite, tous ces lieux où l’on consigne les anciennes générations en attendant qu’elles crèvent, mais aussi ces descendants qu’on accuse d’ingratitude et d’égoïsme pour s’être débarrassés de leurs ancêtres alors qu’il suffirait, comme autrefois, de faire maison commune et de prendre Mamie sous son toit. Cette solution, clé en main, vantée par tant de gens, mais appliquée par si peu… Il faudrait aussi, peut-être, voir les choses sous un autre angle, moins fédérateur et agréable, moins conçu pour briller en société de nos jours, mais qui existe dans les faits, et que le déni ne fera pas disparaître. Il y a des vérités que l’on visite moins, que l’on aborde moins ; alors même que les actes effectifs des gens vont dans son sens. 

Accueillir vieille Maman à la maison. Prendre soin de ses vieux. En théorie, j’y suis absolument favorable. Cela fait l’unanimité, d’ailleurs. Je n’ai pour ainsi dire jamais entendu qui que ce soit aller à contre-courant de ce discours, pourtant largement contesté par les faits réels. Mais en pratique, combien de “petits vieux” sont toxiques, vilains, imbuvables ? On s’en éloigne comme on s’éloigne de la peste, d’une vapeur toxique, d’un foyer d’explosion nucléaire, et c’est une question de survie et de santé mentale élémentaire. Ils devraient même s’estimer heureux que des enfants leur paient un Ehpad hors de prix et n’aient pas totalement coupé les ponts avec eux en se désintéressant de leur sort, qu’il y ait encore des gens pour leur rendre visite et rogner sur leur bien-être et leurs salaires parfois modestes pour leur assurer le minimum. Ces petits vieux toxiques, vous ne pouvez pas imaginer comme ils sont nombreux, combien j’ai d’amis qui ont traversé des enfers par leur faute et ont bu depuis l’enfance, au sein de leur mère, un lait gorgé de poison : quand je me tourne autour de moi, il n’y a même que ça, des gens maltraités, brisés, broyés par leur famille, et qui souvent continuent encore de pardonner et d’encaisser par sens du devoir et reconnaissance filiale, ou parce qu’ils ont été tellement abîmés qu’ils ne connaissent pas autre chose que ces schémas qu’ils trouvent acceptables et reproduisent inlassablement dans tous les domaines de leur existence ; et tout cela sans compter ceux qui n’ont simplement jamais eu de famille, ont été bannis, délaissés, utilisés, reniés, chassés, mis à l’écart pour des raisons ignobles. Vous ne pouvez pas non plus imaginer combien de ces « petits vieux » jouent les irréprochables victimes de l’abandon familial alors même que leur famille aura usé pour eux jusqu’à la dernière corde, jusqu’au dernier nerf, jusqu’à la dernière parcelle d’estime de soi et de bien-être, aura tout donné et plus encore avant de finalement poser des limites vitales pour que l’ignominie s’arrête, pour que la transmission du mal s’achève et que la descendance soit lavée de ces démons. Beaucoup de ces « petits vieux irréprochables » se plaignent mais n’ont que ce qu’ils méritent. Ils ont éloigné leur famille, ont infligé les pires souffrances, celles dont il faut une vie ou plus pour se remettre, et il faudrait les monter sur un trône ?
Je les vois déjà d’ici, acquiesçant, leur petit œil satisfait, à chaque fois qu’on les plaint et qu’on leur donne gain de cause, à chaque fois qu’une personne tient ce discours : « ah, la société qui ne prend plus soin de ses vieux… », oubliant qu’une partie d’entre eux n’ont pris soin de personne et fait tant de mal que certains auraient sans doute mérité une forme de prison.
Car mettre au monde, élever, nourrir, blanchir, couvrir d’un amour mauvais, n’est pas prendre soin, si l’on s’évertue de l’autre côté à détruire la personne que l’on prétend aimer.
La question est surtout : pourquoi ces petits vieux ont été mis dans un Ehpad comme on enferme un serpent dans un placard ?
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Je connais beaucoup de gens qui aiment leurs vieux plus que tout et les gardent à la maison, les accompagnent jusqu’à leur passage de l’autre côté du ciel. Moi-même, j’aime les vieux, profondément. J’ai toujours adoré leur compagnie, leur connaissance, dès le plus jeune âge. Leur présence m’a profondément manqué, je me suis toujours cherché des vieux à aimer, et j’ai toujours regretté qu’on ne leur fasse pas plus de place dans la société, qu’on ne les intègre pas ; je les respecte infiniment, j’aurais tout donné pour connaître mes grands parents, et si j’avais eu à faire des sacrifices et à dévouer quelques années de ma vie pour un vieil adoré, je l’aurais fait. Car j’abhorre plus que tout les maisons de retraite, l’égoïsme, l’individualisme, la politique du moindre effort, et parce que j’estime que la cohabitation des générations est à l’origine la plus naturelle, la plus saine des structures, celle à laquelle il faudrait tendre et dont la destruction a causé le plus grand des manques à la société actuelle que l’on segmente et compartimente en communautés d’âges alors même que ces dernières ne devraient en former qu’une seule, car elles fonctionnent en synergie et bénéficient les unes aux autres. Tant de jeunes seraient heureux d’avoir des vieux près d’eux, de bénéficier de leur expérience, de leur épaule, de leur mémoire, de leur tendresse ; tant de vieux gagneraient à être entourés de jeunes, et pourraient être requinqués par leur énergie, leur optimisme, leur vitalité, leur goût pour la vie.
C’est toute la société qui tirerait un immense bonheur de cette union.
Mais pourquoi, malgré ces faits tangibles, tant de vieux sont tenus à l’écart de leur famille ? Sont-ils tous les victimes d’une descendance ingrate ? Ou sont-ils pour certains des monstres déjà mis hors d’état de nuire par leur dégradation physique et mentale, et finalement consignés là où ils ne pourront plus faire de mal à personne ?
Qu’on ne me réplique surtout pas, sur le ton du chantage à l’empathie, en prenant des airs de perfection morale : « tu verras quand t’auras leur âge, t’aimerais pas qu’on t’abandonne ! »
Oui mais moi, je n’ai maltraité personne, je n’ai dégradé personne, je n’ai humilié personne, je n’ai détruit personne, et je peine à comprendre que notre société ait encore du mal à crever cet abcès et à voir le diable où il est, c’est-à-dire partout, y compris dans le sourire inoffensif d’un vieillard qui ne s’est calmé que parce qu’il ne peut plus faire de mal à qui que ce soit… et encore.
Car il persiste parfois, par on ne sait quel miracle, chez des grabataires pourtant à bout de souffle et à deux doigts de caner, un restant de venin, de vivacité, d’énergie vitale, mis au service de la méchanceté et de la destruction d’autrui.
La bête est bien vivante, elle bouge, et puise dans ses dernières ressources de semi-cadavre la force de livrer un ultime outrage, une ultime parole vilaine, une ultime cruauté dont elle seule a le secret.
Alors, je pose la question, que personne n’ose poser visiblement : que faire de nos vieux, oui, mais que faire surtout de nos vieux toxiques ?

 

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A l’ami qui va mal

Blog Art - Breakfast at Tiffany's2

 

Un grand coup sur la tête, une flèche en plein cœur

Le bonheur qui s’éloigne et puis l’espoir qui meurt

Des jours sans et des averses sans parapluie

Ce poème est mon épaule, à toi mon ami

 

A toi le frère de cœur offert par le vent

Comme pour réparer les erreurs de mon sang

Ma famille, ma tribu, mon clan, mon grand amour

Un simple poème sera toujours trop court

 

Pour te dire à quel point déborde de tendresse

Mon cœur pourtant bien grand, et comme la détresse

Qui ternit ton beau visage d’ange blessé

Me fait l’effet d’un horrible outrage à venger

 

Donc j’en fais mon affaire, d’abattre de mes mains

Tout ce qu’il peut rester de ton joli chagrin

Et j’en fais mon devoir de faire pousser pour toi

Plus qu’une fleur, une forêt dans ton cœur las

 

Plus qu’un oiseau, un essaim de grands albatros

Plus qu’un oasis une baie bordée de roses

Ces paysages qui n’existent même pas

En ce monde connu, je les peindrai pour toi

 

J’y passerai des jours, j’y passerai des nuits

Donnerai des cauchemars à ce qui te cogne

Et je n’irai dormir qu’une fois la besogne

Achevée, liquidée, épuisée, accomplie

 

Et je te présenterai quelques bons amis

Qui sauront eux aussi te chérir et t’aimer

Te montrer les plus belles couleurs de la vie

Prépare-toi, ce soir, nous t’emmenons danser !

 

Nous hisserons la corde qui redressera

Les commissures de tes lèvres attristées

Nous ferons tout ce qu’il faudra et tu verras

Dans le ciel rejaillir un soleil retrouvé

 

Et soudain renaîtra sur ton visage à toi

Toute l’enfance que tu croyais envolée

Et tous ensemble autour de ce grand feu de joie

Nous verrons, mon ami, tes pleurs s’évaporer !

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Bertrand Cantat : l’épreuve du pardon

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C’est avec un peu de retard que je réagis à l’affaire Cantat/Les Inrocks.

Je n’ai pas d’avis tranché et catégorique, j’écoute attentivement l’opinion de chacun car c’est un sujet douloureux sur lequel il serait bien présomptueux d’avoir des certitudes.

Mais il est intéressant de voir que notre société est régie par une espèce de fausse empathie.

Nous écrivons à des terroristes qui ont tué notre femme et la mère de nos enfants « vous n’aurez pas ma haine », nous cherchons des excuses, des enfances difficiles, des esprits torturés aux criminels et aux délinquants, nous sortons la carte de la tolérance, de l’indulgence et des bons sentiments face à l’innommable – et nous avons bien souvent raison de le faire – mais nous nous indignons qu’un homme comme Bertrand Cantat – qui est, qu’on l’apprécie ou non, un artiste majeur – qui a commis un acte monstrueux, fait de la prison et purgé sa peine depuis des années déjà, puisse refaire parler de lui et de son art.

Il semblerait que la colère légitime que l’on s’interdit de manifester dans certaines circonstances, face à certaines paroles, certains actes, nous la déchargions à d’autres moments, sur d’autres individus, avec la puissance du refoulé.

L’esprit de notre époque étant au féminisme et à tout ce qui touche de près ou de loin aux violences de tous types commises à l’endroit des femmes, sur ce point, c’est tolérance zéro, tandis que sur d’autres, c’est laxisme absolu.

Ainsi, les visages d’ordinaire accueillants, souriants, pardonnants, se renfrognent devant Bertrand Cantat, qui devient cet espèce d’indésirable auquel il est permis de souhaiter la mort dans d’atroces souffrances, vis-à-vis duquel il est possible de déchaîner les pensées les plus violentes, celles qu’on n’oserait jamais exprimer dans d’autres circonstances, sur d’autres sujets, vis-à-vis d’autres personnes. Il y a peu, tout le monde s’est réjoui, sur les réseaux sociaux, d’entendre François Cluzet le traiter d’enculé à la télévision. « Ah, qu’est-ce qu’il lui a mis ! ». On était bien contents. On pourrait le mettre à terre et le rouer de coups jusqu’à ce qu’il en crève – comme Marie – que tout le monde trouverait ça merveilleux, mérité, génial, jouissif. Le spectacle de son humiliation paraîtrait à beaucoup tolérable, et même souhaitable. Quelque part, il ramasse un peu pour les autres, ceux avec lesquels on a pas voulu, pas osé. On appelle ça un souffre-douleur.
Je trouve ce déchaînement désolant, déshonorant, triste et bas.

Pour ceux qui s’y adonnent, pour Marie, pour Bertrand. Pour notre monde qui n’en portera pas mieux, bien au contraire. Personne n’en sortira grandi. Personne.
Bertrand Cantat a commis une erreur monumentale, un acte répugnant et monstrueux. Un soir terrible, il a porté la main sur Marie Trintignant. Il l’a déglinguée. Il s’est acharné. Aveuglément. Il l’a laissée agoniser pendant des heures. Il a privé des enfants de sa mère, une mère de son enfant, un entourage entier d’une figure bien-aimée. Il a déstabilisé des repères affectifs, bouleversé des existences, descendu si bas, là où on ne trouve plus d’humanité, de noblesse et d’étincelle divine chez l’homme. Il a commis l’acte dont tant de femmes sont encore victimes chaque année. Il a même, paraît-il, poussé au suicide son ex-femme, Kristina Rady, qui est partie non sans avoir laissé derrière elle une conversation téléphonique édifiante où l’on prend la mesure de la terreur dans laquelle elle devait vivre.

Qui pourrait le nier ?

Il a purgé sa peine. Des années entières se sont écoulées depuis sa sortie de prison. C’est un être vivant. Il appartient à ce monde. Il a droit à la rédemption et je pense même que notre société devrait mettre toutes ses forces à encourager chaque tentative de reconstruction, de réparation, pourvu qu’elle se fasse dans la décence et l’auto-responsabilisation.

Personne ne devrait jamais être taxé d’irrécupérable : cela n’existe pasUne âme humaine ne se résume pas à ce qu’elle a commis, y compris quand il s’agit d’actes monstrueux. Une âme humaine, ça se hisse vers le haut, ça se guérit, ça se protège, ça se soutient dans sa progression, dans son combat pour devenir autre chose que ce qu’elle a été, dans sa lente et douloureuse ascension vers une meilleure version d’elle-même.

Même si ça nous fait mal, même si ça nous oblige à voir ce que nous n’aimerions pas voir, à regarder l’horreur en face, à lutter contre nos propres démons et à souffrir tout notre soul pour offrir ce fichu pardon qui est le cadeau le plus noble et le plus difficile que l’on puisse faire.

Là où la nature permet l’oubli, la civilisation oblige à revoir le visage de ceux qui nous ont fait du mal : tout le défi posé à notre être spirituel se trouve là.

Car nous sommes tous liés, tous interdépendants, tous ensemble : ce monde ne sera pas complet tant qu’un seul d’entre nous sera hors du chemin. La Justice doit être là non simplement pour punir mais aussi et surtout pour réparer. Elle doit savoir qu’il y a en chaque être matière au pire mais aussi au meilleur, elle doit toujours garder une porte ouverte pour chacun d’entre nous.

Je ne pense pas que mettre Bertrand Cantat en quarantaine et le traiter comme un lépreux, un banni, un déchet, soit une solution, ni même un acte très utile à la cause des femmes qui, rappelons-le effectivement, sont encore trop nombreuses à mourir sous les coups de leur conjoint, ou d’individus du sexe opposé.

Prenons la mesure du problème et battons-nous pour que la situation actuelle s’améliore définitivement, mais ne sombrons pas dans le marasme des indignations passionnelles, qui sont les grandes ennemies de la justesse et de la Justice.

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Lauréate du Premier Prix du 22e Concours départemental de la Nouvelle de Draveil, édition 2017, avec mon texte « La Soupe à la grimace » !

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En attendant de terminer mon roman… 

Je suis l’heureuse lauréate du Premier Prix du 22e Concours départemental de la Nouvelle de Draveil, édition 2017, avec mon texte « La Soupe à la grimace » ! 🌹                      La remise des prix a eu lieu ce samedi 14 octobre à 11h.

Ma nouvelle « La Soupe à la grimace », est disponible à la lecture ici même !

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Ouvert à tous les habitants de l’Essonne*, ce concours est organisé par l’Association des Amis du Livre de Draveil et distingue chaque année trois candidats. 
J’ai vu les affiches un peu partout dans la ville où j’ai grandi et j’y ai participé, plus par sens du défi que par réelle appétence pour la nouvelle, qui est pour moi un territoire étranger. En effet, j’écris de la poésie, de l’essai, un roman (en cours…), des articles, des textes, mais la nouvelle, ce n’est pas un genre dans lequel je m’aventure spontanément, je pense ne pas maîtriser du tout l’art de la chute, et c’est bien pour ça d’ailleurs que j’ai voulu m’y essayer, ne supportant pas que quelque chose me résiste dans le domaine qui m’est le plus cher : l’écriture. Je suis donc ravie que mon texte ne soit pas tombé à plat ! Il y a même eu de bons rires dans la salle pendant la lecture du dénouement, ce qui est plutôt encourageant !
J’ai recueilli de biens jolis compliments et j’ai également remporté la somme de 250€. 
C’est un bel encouragement, en tout cas, et cela fait partie des petites choses qui font plaisir. Je remercie le jury pour sa bienveillance à mon égard. 
Pour l’anecdote, ne sachant me décider entre les deux seules nouvelles que je possédais, « La Soupe à la grimace » et « Antonia », écrites il y a plusieurs années déjà, j’ai choisi d’envoyer les deux, partant du principe que le jury garderait la meilleure. Ce sont ces deux mêmes qui sont arrivées premières au classement général ! « Antonia » est en fait celle qui a obtenu le plus de votes, mais « La Soupe à la grimace » est celle qui a obtenu le plus de premières places, d’où sa victoire.
*certains participants tentent même leur chance depuis Paris… mais le jury est obligé de les refuser)
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Le doux visage d’Emmanuel Macron

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Si juvénile et simple parmi les gens… comment ne pas le trouver touchant ?

Le 7 mai prochain, il sera très probablement notre prochain Président de la République. L’année de ses 40 ans. Un exploit dans un vieux pays qui valorise l’expérience et la bouteille quand il s’agit de gouvernance. Pour des raisons qui n’appartiennent qu’à moi, je pense voter pour lui, sans adhérer à tout ce qu’il raconte et incarne, loin de là.

Je m’apprête pourtant à faire sa critique par ces quelques modestes lignes.

Cela peut paraître étrange. Ça ne l’est pas. Qui aime bien châtie bien et c’est peut-être parce que l’homme me paraît sympathique, juste, honnête, ouvert et plein de bonne volonté que je m’attaque à lui. Car je le crois capable de tendre une oreille bienveillante à ce qui se dit de sa personne. Car je le crois suffisamment humble pour savoir que le chemin est long et que l’avis des autres mérite parfois d’être écouté, à plus forte raison quand on s’apprête à accéder à la fonction suprême et à tenir en main la destinée d’un pays de 60 millions de personnes.

J’ai toujours apprécié Macron, sans même le connaître. Un charisme présidentiel, un dynamisme certain, et ce quelque chose de fédérateur, de bienveillant, de convaincant. On le sentait déjà, il y a quelques années, fait pour drainer les foules. Un homme à qui tout réussit. Un homme qui maîtrise. Un homme qui sait ce qu’il fait ou, au moins, dégage la confiance tranquille de celui qui ne peut que savoir. Un homme qui saute d’un horizon à un autre, avance à grandes enjambées, en marche !, comme il dit. Un Belmondo de la politique, précoce et souriant, presque américain tant tout en lui respire la jeunesse et l’optimisme. Un type auquel on aurait pas peur de confier les clés de sa maison, la survie de son enfant : tout semble entre de bonnes mains.

Je ne parle pas d’un quelconque bilan politique, de quelconques idées. Juste d’un ressenti très instinctif et primaire : le seul auquel se fier dans un monde si complexe ou l’on ne sait plus quoi penser et à quel saint se vouer, où les promesses n’engagent hélas que ceux qui y croient et où les programmes sont bien souvent des racontars sans avenir, des listes au Père Noel jamais exaucées.

Pourtant, allez savoir pourquoi, ce que j’aime chez Macron, ce qui m’a rendue si longtemps curieuse de sa personne sans même le connaître, c’est aussi l’élément perturbateur qui m’empêche de l’apprécier entièrement, le grain de sable dans l’engrenage de la confiance que je voudrais lui accorder.

C’est par un manque de gravité, très certainement, que débute la rupture.

Avec Macron, tout paraît parfaitement géré comme une petite start-up. Rien ne dépasse, rien ne dérape, rien ne peut être hors de contrôle, cabossé, balafré, désespéré, sans espoir, sans avenir, tout peut trouver sa solution, et une solution simple, pragmatique, efficace, presque enfantine dans sa mise en oeuvre. Et c’est bien ce qui me gêne.

La vraie politique est pour moi d’essence tragique car elle a compris son impossibilité ontologique à régler tous les problèmes des gens et à restaurer le fonctionnement si fluide et parfait de la petite tribu originelle dans toute sa simplicité la plus primitive. La vraie politique est désespérée. Et lucide. Elle veut mais ne peut. Pas complètement, pas entièrement. Pas tout le temps. Et de cela, elle a conscience. Elle « aspire à » mais sait bien comme c’est dur. Elle sait qu’elle doit lutter contre des tempêtes pour réaliser un début de progrès et que cela tient à bien davantage qu’aux compétences et au génie d’un ou plusieurs hommes. Elle sait que tout « progrès », même, se fait dans la douleur, la déchirure et la frustration de l’imparfait, de l’incomplet, qu’il faut souvent déshabiller Pierre pour habiller Paul, renoncer à un horizon pour en courir un autre, creuser des trous dans le sable et les remplir d’une eau absorbée aussi vite qu’elle se trouve versée. La vraie politique sait qu’il n’y a pas de politique heureuse mais elle se bat quand même. C’est là toute sa grandeur, d’ailleurs. Reconnaître la taille de son adversaire est essentiel pour prétendre le vaincre.

Et Macron semble trop loin de cette réalité. On trouve, chez lui, l’optimisme solaire et sans réserve du suradapté qui gravit quatre à quatre les marches de l’existence et du pouvoir, qui passe – et avec une virtuosité constante – du piano au théâtre, de la banque à la politique, en passant par le tango – d’un terrain de chasse à un autre sans jamais flancher, changer de posture, se départir de son éternel sourire ; avec l’égale maîtrise de l’acteur qu’il a failli devenir, ou du danseur de claquettes qu’il pourrait incarner dans une autre vie. Macron, il réglerait les problèmes de notre pays comme on coche une case de sa to-do-list du matin. Alors que la politique, tout comme l’art, échappe aux règles simples qu’il suffit de suivre pour réussir et ne fonctionne pas de cette manière : il faut rouler sur de sacrés dos d’âne pour écrire une grande oeuvre, composer une mélodie qui fasse date, ou gouverner correctement un pays ; il n’existe jamais une route unique et connue de tous, autrement, n’importe qui pourrait devenir génie politique, musical, littéraire ou que sais-je encore en l’empruntant ; suffirait de lire un manuel de développement personnel ou d’appliquer bêtement les ordres d’une notice.

C’est tout le tempérament de bête à concours de l’étudiant des grandes écoles qui semble alors s’exprimer chez Macron : tout ne peut que me réussir. Pourquoi ? Parce que j’ai fait prépa, j’ai fait l’ENA, j’ai eu mention TB à mon bac, j’ai obtenu le grand prix de ceci, l’agrégation de cela… Rien ne peut me résister, alors, n’est-ce pas ? Macron semble régi par la pensée positive qui a ses limites et qui emmène parfois droit dans le caniveau des illusions heurtées par le réel quand on en fait un usage trop naïf. Face à une situation trop complexe et moins lisse que les problèmes qu’on nous fait résoudre à l’école, pourrait-il sortir des sentiers battus, s’adapter, retrousser ses manches, se démerder ?

Cet homme paraît sans cicatrices. Rien à voir avec l’âge, rien à voir avec la peau lisse, rien à voir avec la beauté. Il y a des enfants dont le regard respire le drame, la sagesse ou la pleine compréhension de l’existence. Il y a des beautés qui respirent la gravité. Il y a des jeunesses qui exhalent le savoir. Macron est brillant, c’est même un philosophe, un adolescent qui a écrit un roman, un étudiant qui fut l’assistant de Paul Ricoeur, un gamin qui a cherché le sens des choses, a grandi plus vite que les autres, a courtisé puis épousé une femme de 24 ans son aînée, mais que sait-il de la vie ? Quelles claques a-t-il ramassées ? Combien de fois s’est-il cassé la figure à s’en faire très mal ? Combien de fois les embûches ont-elles été, plus que de simples défis à relever, des coups d’arrêt, des petites morts, des sentences définitives ? Combien de fois cet homme est-il mort ? Combien de fois a-t-il été survivant ? Naufragé, échoué, repêché, abandonné à son sort, qu’importe : combien de fois ?

Ce sont les questions que je me pose lorsque je regarde ce visage, lorsque j’observe cet homme.

Ce qui ne tue pas rend plus fort… ou paraplégique, disait Nietzsche. Je n’exige pas d’un Président qu’il soit paraplégique, paralysé, incapable, qu’il ait gardé de chaque épreuve une balafre et des plis d’amertume au coin des lèvres. Bien au contraire. Simplement qu’il soit un homme debout tout en se souvenant qu’il fut plus d’une fois à terre. Macron peut-il être cet homme ? C’est la question que je me pose et à laquelle je n’ai toujours pas de réponse.

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Mélancolie électorale : l’investiture de Trump

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Se flinguer ?

Mélancolie électorale est un cycle de textes issus de mon journal de bord et inspirés par les élections américaines et françaises. D’autres – déjà écrits depuis plusieurs semaines, à l’occasion de la primaire de droite notamment – seront également mis en ligne. L’ensemble sera ultérieurement réuni dans une seule publication.

Demain 20 janvier, Donald Trump sera officiellement président des USA.
J’adresse ma pensée la plus chagrinée à tous ceux qui, par simple esprit d’opposition, idolâtrent les corrompus, les totalitaires, les raclures de tous types, Trump et Poutine en tête.
Donald Trump est un mec sans élégance. Un golden-boy cynique érigé par une classe moyenne désespérée qui n’avait pas beaucoup de choix et a donc agi selon ses priorités du moment, choisissant souvent de s’aveugler sur ce qui la sépare idéologiquement de ce triste personnage. J’ai aucun problème avec les gens qui ont de la franchise et disent ce qui dérange, mais ce mec est au delà de ça. Il y a la vérité qui délivre et il y a celle qui n’est là que pour être assénée violemment, dans un but de provocation, blesser les gens dans leur chair pour un peu de gloire, sans égard aucun pour les dégâts effectués au passage. Trump, c’est le riche qui n’hésite pas à désigner du doigt les pauvres afin que d’autres pauvres leur tapent dessus. C’est comme ça qu’il a remporté la présidentielle. Grâce à cette outrance intéressée et sans scrupules. Un fort qui se sert des faibles, de leurs souffrances, de leurs préoccupations bien légitimes, pour devenir encore plus fort… existe-t-il une preuve plus avancée de laideur humaine ? Existe-t-il quelque chose de plus bas ? C’est le comportement quotidien et ordinaire d’une personne, c’est la manière dont elle se sert de son pouvoir lorsqu’elle en possède, ce sont les détails que l’on pourrait croire insignifiants qui dressent le tableau complet d’une personnalité et nous disent ce qu’elle est. Trump est certes un subversif, ça, on ne peut pas lui enlever… mais un subversif de quel espèce ? Vous est-il venu à l’esprit qu’on peut être subversif tout en étant un sacré connard ? N’y-a-t-il franchement que la subversion et le cassage des codes de bonne conduite qui comptent pour vous ? Subvertir, d’accord, mais dans quel but ? Et puis, c’est quoi ce troupeau so rebel qui lui renifle soudain le derrière par esprit d’anti-establishement alors que le mec est l’incarnation du système et que sa seule carte à jouer à ce sujet, c’est de ne pas être un politicien ? Dans le cas présent, croyez-moi, ça en fait surtout un mec qui ne connaît pas son sujet, qui a baisé tout le monde avec un peu de bagout et qui va se retrouver complètement paumé à la tête de la première puissance mondiale. Ouais, il a payé lui-même sa campagne, mais le mec est milliardaire, les gars, c’est pas un Bernie Sanders, un mec arrivé là à la force du poignet, et c’est pas non plus un self-made man, d’ailleurs, juste un héritier qui a fait fructifier la fortune familiale et qui pense, à ce titre, que tout le monde peut en faire de même et que ceux qui n’arrivent pas à survivre dans ce monde sont juste des feignants, ce qui est on ne peut plus faux, qui défend l’idéologie libérale du marche ou crève car il en a bénéficié et a été adoubé par elle. Pourquoi, sous prétexte d’être d’accord avec lui sur deux ou trois sujets, quelques constats, une poignée de vérités, les gens se retrouvent-ils à lui pardonner tout le reste ? Combien de « réacs » écolos ou anticapitalistes qui font semblant de ne pas voir ce que défend cet homme juste parce qu’il est « pas de gauche » et qu’apparemment, ça suffit à faire de lui un mec bien et un président correct… vous insultez votre propre intelligence. Vous voyez, les politiciens et le système n’ont même pas besoin de le faire à votre place, vous vous démerdez bien, tous seuls, comme des grands. C’est pas parce qu’Hillary Clinton avait d’innombrables défauts (belliqueuse, ancrée dans le système, et tout ce que vous voulez) qu’il fallait ériger une statue à Donald Trump. Cette remarque est valable pour toutes les élections en général : l’esprit d’opposition pousse les gens aux pires outrances, et les incite à embrasser des idéaux qui ne sont même pas les leurs, à dérouler le tapis rouge à un candidat avec lequel ils n’ont finalement pas grand chose en commun, surtout pas des idées, des intérêts et le souci du collectif. Pour se plaindre quelques temps plus tard d’avoir été baisés par les politiciens. Vous continuerez de vous faire avoir tant que vous n’aurez pas compris la leçon et tant que vous ne cesserez pas de vous ruer truffe la première dans le troufion d’un candidat juste parce que vous n’appréciez pas son adversaire.
Sérieusement, je ferai pas confiance à ce type dans la vraie vie. Alors, lui confier le destin d’un pays ? Mais vous avez raison, idolâtrez-le. Rendez-vous dans quelques mois. On va bien rire. Vous allez pleurer Obama, croyez-moi.

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